L’accès à l’eau au Guatemala : une problématique traitée à l’ISVT.

Publiée le 03 avril 2014

Chaque année, à l’occasion du Carême, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) de la Haute Loire accueille un de leurs partenaires étrangers travaillant dans l’une des structures solidaires que le CCFD soutient.
Cette année, Fausto Fuentes Velasquez, membre de la pastorale de San Marcos du Guatemala est venu au Puy en Velay témoigner de son travail au sein de cette structure. En effet la pastorale agit pour la promotion de la dignité de la personne humaine et l'éducation citoyenne pour « le vivre ensemble » au Guatemala. Fausto Fuentes Velasquez est surtout venu échanger autour d’un des problèmes majeurs de son pays : l’accès à l’eau.
Le CCFD a donc naturellement proposé aux étudiants du BTS Gestion et maitrise de l’eau (GEMEAU) de l’ISVT de le rencontrer afin de pouvoir discuter ensemble de cette problématique.
 

Ainsi ce mardi 25 février, Fausto Fuentes Velasquez a donc tout d’abord présenté son pays, ses 14 millions d’habitants dont 70% sont indigènes où se mêle la religion catholique et maya, où seulement 1% de la population accède aux études supérieurs à cause d’une pauvreté touchant la moitié de la population.

Après la présentation de la topographie du pays induisant les activités agricoles, pilier économique du pays, les étudiants ont découvert que l’agriculture familiale guatémaltèque s’est vu transformée en grandes cultures de bananes, café, palme africaine et canne à sucre, toutes destinées à l’exportation et aux agro carburants. Le passé colonial espagnol et un gouvernement favorable à ces transformations ont progressivement permis cet accaparement des terres guatémaltèques.

Au-delà des retombées économiques faibles pour le pays, ces grandes cultures ont des conséquences environnementales désastreuses. En effet ces cultures sont exigeantes en eau. Afin d’irriguer ces champs, de nombreux barrages, pompes ont été installés sur les principaux fleuves du pays ce qui entraînent une forte diminution du débit en aval, des sécheresses ou inondations à répétition selon la saison. L’accès à l’eau par les populations locales devient donc un sérieux problème dont leur gouvernement ne se soucie guère.
A ce triste constat s’ajoute la pollution des nappes phréatiques ou de l’air par l’épandage massif de pesticides et la destruction par le feu des bâches plastiques agricoles que cette agriculture intensive utilise.

Pas de terres pour cultiver et se nourrir, peu d’eau, les guatémaltèques ont perdu leur autonomie alimentaire et sont donc obligé d’aller travailler dans des conditions difficiles, pour les grands propriétaires terriens…Cela ne vous rappelle-t-il pas malheureusement un autre pays ?..Brésil, Argentine, Inde… ? Ou une autre époque ?

« Que peuvent-ils faire ? Que pouvons-nous faire ? » Telles étaient les interrogations dans les têtes des étudiants et enseignants.

Fausto funtes Velasquez a conclu en expliquant que la pastorale aidait ses populations par des micros crédits accordés pour l’achat de terres et autres, par un soutien juridique, moral notamment.
Il a souligné enfin que pour surmonter tous ces problèmes il est nécessaire de sensibiliser les nouvelles générations aux problèmes environnementaux par l’accès d’un plus grand nombre à des formations spécialisées notamment dans la gestion de l’eau afin de créer une législation respectée sur ce point.
Enfin il invitait les étudiants à prendre conscience de la chance qu’ils ont d’accéder à la formation et que leurs choix de consommation avaient un impact sur la situation de son pays essentiellement tournée vers l’exportation des marchandises.

L’ISVT remercie encore Fausto Fuentes Velasquez et le CCFD d’avoir permis cette ouverture sur le monde, cette conscience solidaire qui sonnait juste en ce temps de Carême.


 

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