Ouverture sur le monde à l’ISVT : témoignage de COPAGEN, organisation du Burkina, partenaire du CCFD auprès des étudiants et élèves.

Publiée le 04 avril 2017

Chaque année, l’ISVT accueille les membres d’une association soutenue par le CCFD. Ainsi le 31 mars dernier, Richard MINOUGOU, du Burkina Faso, coordinateur de l’APN-Sahel (association pour la protection de la nature au Sahel dont fait partie COPAGEN (coalition pour la protection du patrimoine génétique africain)) est venue présenter son organisation, ses réalités, ses engagements et plus largement son pays et sa culture aux 110 élèves de l’ISVT présents ce jour-là.

Richard Minougou a tout d’abord présenté son pays, le Burkina Faso aux 19 millions d’habitants dont 80% de la population est rurale. L’agriculture y est majoritairement familiale et vivrière (environ 2/3 hectares en moyenne pour un paysan). Les mines d’or prennent une place importante de leur économie.

Il a par la suite présenté son organisation COPAGEN où sont regroupées associations paysannes, juristes, chercheurs, enseignants et étudiants… L’ensemble de ses compétences réunies œuvrent à la souveraineté alimentaire des habitants du pays.

Richard Minougou travaille plus particulièrement sur l’agro écologie par la valorisation socioéconomique des produits et la sécurisation des systèmes semenciers communautaires au sein de cette association.

Plus particulièrement, l’intervenant a expliqué aux élèves le combat débuté en 2004 contre l’OGM coton DT introduit illégalement au Burkina Faso par leur gouvernement et la firme Monsanto. Un film et des témoignages ont su faire le retour de 15 ans de cette culture :
Comparé à la culture du coton « conventionnel » comme l’appelle Richard Minougou, les agriculteurs ayant tenté la culture du coton DT font ce constat :

  •  Hausse des coûts de cette culture : semences à acheter chaque année à un coût supérieur ; les produits phytosanitaires, censés disparaitre du fait de l’introduction d’un gêne résistant aux parasites, sont tout de même à acheter car cela ne suffit pas.
  • Perte de leur autonomie alimentaire car de la culture du coton, en plus de la fibre pour les habits ils utilisaient les graines pour faire l’huile, le couscous pour la famille et le tourteau pour leurs animaux. Ce qu’ils ne font plus aujourd’hui conscient du danger de manger un Organisme Génétiquement Modifié.
  • Monopole de multinationales dictant le prix de vente des semences, des produits phytosanitaires et d’un autre côté du prix d’achat de la production de coton.
  • Menace de la biodiversité par la dispersion des graines OGM par pollinisation.

 

Difficile constat qu’il était difficile de communiquer à la population par les médias officiels du Burkina Faso avant l’entrée récente au gouvernement de paysans qui ont demandé une étude scientifique sur les dangers des OGM. Etude, qui par ses résultats, est allée dans le sens du constat des paysans et de COPAGEN.

Suite à cet état des lieux au Burkina Faso, comme dans la plupart des pays africains où la majorité des terres appartiennent au gouvernement en place, l’accaparement des terres, l’introduction des OGM, dépendent des aspirations des dirigeants en place, Richard a demandé aux élèves si en France, il existait des cultures OGM.
Un étudiant lui répondit que non, la France interdit la culture du seul OGM autorisé en Europe : le maïs MON810 de Monsanto. Son formateur rappela à la salle que les OGM sont présents dans l’alimentation animale : mais, soja, colza, betterave sucrière et donc dans leur assiette.

Les langues se délièrent entrainant des échanges controversés notamment par la présence d’étudiants en BTS ANABIOTEC qui ont un regard différent, l’OGM est pour certains d’entre eux, le progrès scientifique, «la solution à la faim dans notre monde capitaliste » dixit une étudiante.

« Le problème », souleva un autre élève « c’est la cupidité des multinationales qui financent ces recherches » et lui proposa une recherche nationale pour l’intérêt de tous

Est-ce qu’un gouvernement peut garantir cela ?

Voilà un exemple des questions que peuvent soulever la question des OGM et plus largement celle de l’autonomie alimentaire dite souveraineté alimentaire de chaque pays pour décider comment ils produit sa nourriture, il se nourrit et assure sa santé et survie ainsi que celle de son milieu.

Un grand merci au CCFD et à Richard MINOUGOU pour ce bel échange nous invitant comme chaque année à la réflexion et l’action car ce sujet sera par la suite repris en classe dans les cours d’économie, agronomie, microbiologie, biotechnologies... proposés dans les différentes formations de l’ISVT.

Voir toutes les actualités »